Marchés

Perspectives pour 2018 : Actions mondiales

L’année qui s’annonce devrait être propice aux actions mondiales mais des risques existent et compte tenu du niveau relativement élevé des valorisations, les investisseurs disposent d’une faible marge d’erreur.

28/12/2017

L’année qui s’annonce devrait être propice aux actions mondiales mais des risques existent et compte tenu du niveau relativement élevé des valorisations, les investisseurs disposent d’une faible marge d’erreur.

Après avoir timidement entamé 2017, les actions mondiales ont progressé à un rythme soutenu au fil de l’année. Au premier trimestre 2017, l’indice MSCI World a grimpé de 5,9 %, soit une performance supérieure à celle de 2016 dans son ensemble. Au total, la progression de l’indice atteignait plus de 18,6 % au 1er décembre de cette année1.

Cette hausse se justifie en grande partie par l’amélioration des fondamentaux, avec une accélération continue de la croissance économique et une inflation qui reste stable. Bien que la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque d’Angleterre aient récemment relevé leurs taux, les autres grandes banques centrales poursuivent leurs politiques expansionnistes.

Surtout, la reprise synchronisée de la croissance mondiale se traduit par une amélioration des bénéfices. En septembre, les prévisions des analystes tablaient sur une croissance des bénéfices des entreprises de 15 % en 20172. Ces prévisions nous semblent fondées.

De plus, les grandes échéances électorales en Europe se sont déroulées sans heurts, apaisant les craintes entourant les risques politiques. Les électeurs français et néerlandais ont en effet voté contre la vague populiste qui menaçait de déstabiliser les marchés.

 

De prochaines étapes délicates

Nous restons globalement optimistes vis-à-vis des perspectives pour 2018 tout en restant conscients des risques potentiels. La dispersion et la volatilité sont susceptibles d’augmenter à mesure de l'arrivée à maturité du cycle de marché.

L’un des principaux risques est l’excès de confiance lui-même. Les valorisations des actions bénéficient d’un soutien du point de vue fondamental, mais elles sont indéniablement élevées par rapport aux moyennes à long terme. Même une fois ajustées en fonction du cycle, les valorisations (à l’aune des ratios cours/bénéfices) sont proches de la limite haute de leur fourchette historique. La marge d’ajustement semble donc faible si les choses venaient à mal tourner et, après huit ans de hausse du marché américain, le risque d’un renversement de tendance augmente indubitablement.

Un autre risque concerne l’endettement. Le fardeau global de la dette continue à augmenter d’une manière générale depuis la fin de la crise financière mondiale. Sachant que la question désormais n’est plus de savoir si les banques centrales vont resserrer leur politique mais quand, nous pensons que le marché sous-estime l’impact négatif de la remontée des taux.

Comparé aux précédents pics du marché, il convient par exemple de noter que l’un des principaux indicateurs financiers à s’afficher dans le rouge aux États-Unis à l’heure actuelle est l’effet de levier non-financier. Au lieu d’investir dans des biens d’équipement, bon nombre d’entreprises américaines se sont endettées pour racheter leurs propres actions et/ou augmenter leurs dividendes. Cette approche permet de soutenir les cours des actions mais elle n’est pas soutenable à moyen terme, surtout dans un contexte de hausse des taux.

 

Hausse progressive de l’endettement

 

 

D’un point de vue global, les conditions paraissent plus favorables. De nombreuses régions continuent en effet d’afficher une accélération de leur croissance économique, y compris la « vieille Europe ».

Le contexte se caractérise ainsi par une stabilité raisonnable assortie de possibles accès de volatilité à court terme. Contrairement à 2016 où l’abondance de liquidité a alimenté la hausse fortement corrélée de certains secteurs cycliques, l’année 2017 a été marquée par la dispersion. Le marché a plébiscité les entreprises continuant à tenir leurs objectifs de croissance du chiffre d’affaires, des bénéfices et des flux de trésorerie, tout en sanctionnant celles qui ont déçu. Selon nous, les conditions en 2018 devraient rester propices aux adeptes de la sélection de titres.  

Comme toujours dans un contexte de mondialisation, différentes tendances structurelles pourraient alimenter la hausse des actions l’an prochain.

 

Bouleversement numérique

L’essor des médiaux sociaux et des plateformes en ligne se fait au détriment de la croissance d’autres secteurs depuis un bon moment. Ce qui à l’origine n’était qu’un élément perturbateur menace désormais l’existence même d’acteurs de secteurs tels que le commerce de détail, les médias traditionnels, la distribution et les services bancaires classiques.

Les valorisations des sociétés confrontées de plein fouet à la concurrence des nouvelles technologies ont déjà enregistré une compression massive. La présence croissante du numérique est susceptible de faire naître de nouvelles opportunités, soit parmi les acteurs du secteur eux-mêmes soit parmi les sociétés traditionnelles prêtes à sacrifier leur rentabilité à court terme afin d’innover et de rester compétitives. Celles qui s’abstiendront de le faire vont rapidement se rendre compte que les fondations sur lesquelles elles sont bâties disparaissent à une vitesse alarmante, comme un grand nombre de sociétés du secteur du commerce de détail aux États-Unis (et au Royaume-Uni) l’ont appris à leur dépens.

 

Dompter les géants d’Internet

En juin 2017, le Conseil européen a infligé à Google une amende de 2,4 milliards d’euros3 pour abus de position dominante sur le marché des moteurs de recherche. Bien que cette somme soit considérable, elle représente pour Alphabet (la société-mère de Google) moins de 35 % du résultat d’exploitation de l’entreprise au deuxième trimestre.

D’autres acteurs d’Internet disposent eux aussi d’une capacité bénéficiaire astronomique. Énormes chiffres d’affaires, pouvoir de fixation des prix et niveau de capital investi relativement faible constituent une combinaison convaincante pour les actionnaires. Compte tenu du niveau élevé des marges, des flux de trésorerie et du rendement du capital investi, il n’est pas étonnant que les poids lourds d’Internet, tout en générant des performances exceptionnelles, aient attiré l’attention des régulateurs à travers le monde. 

L’amende infligée par l’UE est susceptible de constituer un changement radical pour les grandes plateformes Internet. Bien qu'ils aient encore un temps de retard, les régulateurs s’efforcent désormais de s’attaquer au pouvoir et à l’influence de ces entreprises massives. Il est probable que de nouveaux défis les attendent.

 

Transition énergétique

Nous anticipons une révolution dans les secteurs de l’énergie et de l’automobile à l’horizon des 20 prochaines années. La combinaison d’énergies renouvelables compétitives, de moindres coûts de stockage de l’électricité et de véhicules électriques attractifs commence à ouvrir un chemin viable vers une énergie et des transports sans carbone. Cette transition est toutefois peu susceptible d’être linéaire. Pour l’affronter avec succès, il sera tout aussi important d’éviter les perdants que d’identifier les gagnants.

 

Faire le bon choix

S’ils ont de bonnes raisons de considérer 2018 sous un jour favorable, les investisseurs en actions mondiales doivent toutefois savoir que cet optimisme est commun à l’ensemble du marché à ce stade. Comme chacun le sait, si l’exubérance peut devenir irrationnelle, les fondamentaux cependant finissent toujours par l’emporter. Le « retour vers la moyenne »4 est inéluctable sur les marchés actions et la capacité bénéficiaire varie considérablement au cours du cycle et d’un secteur à l’autre.

Notre philosophie d’investissement repose sur la notion de « croissance non-anticipée ». Le marché souffre souvent de myopie : il se concentre sur le présent et omet de regarder en avant. Les atouts relatifs des modèles économiques individuels sont souvent négligés, de même que la capacité du changement à créer de nouvelles opportunités dans des domaines auparavant jugés languissants ou sans potentiel. 

Une croissance durable s’appuie toujours sur l’innovation. Pour améliorer la durabilité de leurs bénéfices sur le long terme, nous estimons que les entreprises doivent être capables d’innover. Les sociétés qui y parviennent sont susceptibles d’être largement plébiscitées par les investisseurs ; les autres sont quasiment certaines de succomber à la vitesse du changement.

Les entreprises bien gérées dont la culture favorise l’innovation permanente, la performance et la responsabilité seront mieux placées pour obtenir des résultats supérieurs indépendamment du cycle économique. Nous resterons concentrés sur la recherche de situations particulières qui correspondent à notre philosophie d’investissement partout dans le monde au lieu de tenter d’effectuer nos allocations régionales ou sectorielles au moment propice. Dans un monde globalisé, il existe toujours des opportunités au niveau des entreprises.

 

1. Bloomberg, décembre 2017

2. Citi Investment Research, septembre 2017

3. Communiqué de presse de la Commission européenne, juin 2017

4. Le retour vers la moyenne – sans être garanti – part du principe que les valorisations retrouvent leurs moyennes à long terme au fil du temps.

 

 

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